
| Le trésor de la Buse |
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Le trésor de la Buse. Jean-Michel Thibaux.
Cette histoire repose sur le cryptogramme que la Buse aurait lancé à la foule, le jour de son exécution. Avant d'aller plus en avant dans cette fabuleuse histoire de trésor, il est bon de fournir aux lecteurs quelques éléments de base pour déchiffrer un document.
Codes et Chiffres.
La première apparition de la cryptographie date de l’antiquité grecque. Les Grecs inventèrent la transposition. Dans cette méthode, les lettres du message original sont mélangées d’une façon quelconque ne signifiant rien et elles ne peuvent être replacées dans leur ordre initial que par celui qui en possède la clef.
Les Romains prirent le parti d’utiliser le système de la substitution, dans lequel chaque lettre du message original est remplacée par une autre lettre, symbole quelconque ou chiffre. La cryptographie disparut avec les invasions barbares pour ressurgir en Italie pendant la Renaissance et l’expansion des Républiques marchandes. Une multitude de méthodes fleurit aux quatre coins de l’Europe. L’art consiste alors d’envoyer des messages chiffrés sur lequel les destinataires sont obligés de travailler sans l’aide d’une clef. Ce qui semble être le cas pour le cryptogramme de la Buse.
à la presse après avoir commis une série de crimes en série à la fin des années soixante. Le Tueur du Zodiaque ne fut jamais arrêté.
![]() Roger Bacon (1214-1294), surnommé Doctor mirabilis « Docteur admirable » en raison de sa science prodigieuse, philosophe, savant et alchimiste anglais.
Il ne faut pas confondre les mots code et chiffre. Lorsqu’on connaît la clef d’un code, un moyen mécanique est indispensable pour traduire le message. Les codes sont absolument arbitraires et ne peuvent exprimer que leur nombre limité des phrases qui trouvent place dans un manuel ou un dictionnaire codique. La Buse n’avait pas l’intention de lancer un message arbitraire. Il s’est servi d’un procédé alphabétique s’appuyant sur un système et pouvant servir à exprimer n’importe quelle pensée que le destinataire supérieurement intuitif et intelligent est capable de traduire. Par exemple Roger Bacon, au début du Moyen âge, a écrit un manuscrit entier avec un procédé de chiffrement qui a défié jusqu’à nos jours les recherches. Comme la Buse. Il est probable d’obtenir un chiffre insoluble par les moyens mathématiques et informatiques conjugués.
Souvent, les chiffrements sont écrits à la hâte, ordinairement par des hommes qui n’ont pas un entraînement spécial (c’est le cas de la Buse) tout en compliquant les données. Tous les agents secrets savent qu’un tiers des messages sont intraduisibles car dans l’urgence, il suffit d’une seule erreur, une lettre ou un symbole mal formé pour réduire à néant la lecture. Donc, il est nécessaire de tenir compte de ce facteur et de l’état d’esprit, voire d’ivresse, de notre pirate.
En résumé : un cryptogramme est un message chiffré. Le clair est la communication que l’on désire faire. Le chiffré est la même communication, modifiée par le chiffrement.
LA SUBSTITUTION et LA TRANSPOSITION. La substitution simple est celle dans laquelle une lettre du clair est représentée par une seule lettre, ou chiffre ou symbole, du chiffré et toujours la même. Exemple : si le clair est « Venez vite » et que l’on convienne de remplacer chaque lettre par celle qui la suit dans l’alphabet, le chiffre obtenu sera : WFOFA WJUF. Une substitution simple avec suppression des fréquences est celle dans laquelle les lettres très fréquentes, comme E, sont représentées par plusieurs signes ou chiffres. Exemple : le même clair que ci-dessus « Venez vite » où l’on remplace encore chaque lettre par celle qui la suit dans l’alphabet, mais on a convenu que, en plus de F, les chiffres 2 et 3 représenteront également E. Le chiffré sera maintenant : WFO2A WJU3.
allemand et breveta une machine de chiffrement, en 1918, basé sur des rotors, qui prit plus tard le nom d'Enigma. Un message enigma est beaucoup plus complexe à résoudre que nos exemples.
Un double chiffrement ou surchiffrement, tout à fait différent du précédent, est celui où le texte chiffré obtenu par substitution simple ou double est ensuite chiffré une seconde fois (dans le cas du cryptogramme de la Buse cette approche mériterait d’être tentée). Cette deuxième substitution par groupes de 2 ou 3 lettres à la fois. Exemple : le même texte « Venez vite » chiffré WFOFA WJUF. Le chiffreur se reporte à sa table ; supposons qu’elle donne pour WF, 416 ; 317 pour OF ; 96 pour AW ; 138 pour JU et 207 pour F. Le message chiffré sera alors 416 317 96 138 207. Dans le double chiffrement, l’une des deux opérations est habituellement une substitution, l’autre une transposition.
Dans une transposition, les lettres restent les mêmes que dans le clair mais elles sont mélangées selon une convention préétablie. Exemple : le même clair que plus haut écrit en deux lignes : Vnzie eevt. Un chiffrement combiné, ou superposition de procédés est un double chiffrement comprenant transposition et substitution WFOFA WJUF, s’écrit ensuite WOAJF FFWU.
Un chiffrement par grille est celui où une grille percée de trous est placée par-dessus le feuillet sur lequel on doit écrire le message. Celui-ci, en clair, est alors écrit dans les ouvertures ; on enlève la grille et on remplit les espaces entre les mots ou les lettres à l'aide d’autres mots ou lettres, de façon que tout le tout ait l’apparence d’un texte anodin ne renfermant aucun message chiffré. Cette solution doit être abandonnée en ce qui concerne la Buse.
Premier essai sérieux de Cryptographie. Ci-dessous, le chiffre bifide de Delastelle - du nom de son inventeur, le Français Félix-Marie Delastelle (1840-1902), qui en avait décrit pour la première fois le principe dans la "Revue du Génie civil" en 1895, sous le nom de « cryptographie nouvelle » repère les coordonnées de plusieurs lettres claires, mélange ces coordonnées, puis lit dans la grille les lettres chiffrées correspondant aux nouvelles coordonnées obtenues. Ce procédé est dit tomogrammique.
Grille de chiffrement Application:
Le déchiffrement s'effectue en sens inverse : on écrit horizontalement les coordonnées des lettres chiffrées, et on lit verticalement les coordonnées des lettres claires. La lettre claire correspondante est trouvée sur la grille. Un chiffrement par polygrammes est celui où la substitution ou la transposition est faite par syllabes ou bien par groupes de deux lettres ou de trois lettres au lieu de porter sur les lettres isolément. Les nulles sont des lettres ou des mots n’ayant aucun rapport avec le clair et que l’on ajoute au texte pour dérouter un décrypteur. Les points sont des signes de ponctuation, ordinairement en fins de phrases, pour lesquels des signes spéciaux sont prévus, ou quelquefois placés après chaque mot. Chiffrer un message, c’est transformer un texte clair en texte chiffré. Le déchiffrer c’est le retransformer en clair. Décrypter un chiffre ou un code, c’est découvrir la façon dont il était fait. Les tables de fréquences sont les outils les plus importants du cryptologue. Ce sont des tableaux montrant, pour une langue donnée, les fréquences relatives des lettres, bigrammes, trigrammes, syllabes ou mots dans un texte normal. Vous êtes désormais théoriquement dans la mesure de traduire le message de la Buse.
LE CONTEXTE HISTORIQUE.
Olivier Levasseur dit « la Buse » ou « la Bouche » naquit à Calais entre 1675 et 1680 sous le règne de Louis XIV. Son parcours de marin, puis de pirate ne nous est pas parfaitement connu, du moins, en début de sa carrière. La Buse apparaît dans l’Histoire en 1716, lorsqu’avec Hornigold, il aida Samuel Bellamy, dit Black Sam, à entrer dans leur équipe aux Bahamas. La « réunion de Providence » regroupant les capitaines pirates des Antilles décida alors de quitter la mer des Caraïbes devenue trop dangereuse depuis que les marines nationales avaient lancé des campagnes anti-pirates.
La Buse fit route vers l’Est, aborda le golfe de Guinée en compagnie des capitaines Cocklyn et Davis. Plusieurs navires tombèrent entre leurs mains avant que la Buse ne fasse naufrage à Mayotte avec son vaisseau, l’Indian Queen (la Reine des Indes). Son épave, disloquée sur les récifs, fut entièrement détruite et réutilisée par les pirates pour fabriquer un canot ponté. Malheureusement pour Olivier Levasseur et ses 140 hommes, le capitaine McKara, en tête de l’escadre anglaise le Cassandra et le Greenwitch, décida de profiter de cette faiblesse pour éliminer un redoutable pirate. Le destin voulut qu'au moment de l'attaque de Mckara, les pirates Edward England et John Taylor à bord du Fancy (ex Pearl) et du Victory (ex Peterborough of Bristol) vinrent au secours d’Olivier Levasseur. Le 25 juillet 1720, le Combat d’Anjouan entre Mckara et les pirates fut très sanglant, marquant des pertes lourdes aux sein des deux équipages. Les pirates finirent par vaincre sur l’Anglais. Après une campagne dans la mer des Indes, Taylor et la Buse, associés au capitaine England, se séparèrent de ce dernier à l’île Maurice pour voguer vers l’île Bourbon (la Réunion) qu’ils abordèrent le 20 avril 1720.
La prolifération des pirates dans l’océan indien et en mer de Chine s’explique par la faiblesse des marines, surtout la marine de guerre française, qui optèrent pour la défense des voies marchandes entre l’ancien et le nouveau continent. Les côtes Est de l’Afrique et la route des Indes passant par le Cap furent dès lors sillonnées par les pirates.
La France de la Régence (1715-1723) n’avait pas les moyens s’assurer la protection de ses navires marchands. Cette période fut marquée par la prise du pouvoir par Philippe, duc d'Orléans, prince du sang, au détriment de Louis-Auguste, duc du Maine, fils légitimé du feu roi, ce qui entraîna une certaine agitation de la Cour. Par l'entente et le partage du pouvoir absolu entre Régent, haute noblesse et parlementaires ; par le système innovant, mais finalement décevant de la Polysynodie ; et enfin par le "système de Law", qui, voulant assainir les finances, échoua et provoqua la banqueroute de l'Etat et son effondrement final. L’équilibre politique européen fut cependant atteint quand, le 20 mai 1720, Philippe V d'Espagne adhéra à la Quadruple-Alliance . Le 13 juin 1721, l’Espagne, l’Angleterre et la France s’alliaient et le 25 octobre 1722, Louis XV était sacré roi à Reims. Tous ces évènements se produisirent lors de l’ascension fulgurante d’Olivier Levasseur, dit la Buse, au sein du monde de la piraterie.
Alors que la Buse multipliait les exploits, les amiraux français tentaient de sauver l’honneur de la marine sous d’autres latitudes. Les amiraux en poste auprès du Régent paraient au plus pressé avec des budgets réduits. Louis Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse (1681), duc de Penthièvre (1697), d’Arc, de Châteauvillain et de Rambouillet (1711), naquit à Versailles le 6 juin 1678 et mourut à Rambouillet le 1 décembre 1737. Il reçut, à l’âge de cinq ans, la charge d’amiral de France. Lors de la guerre de Succession d'Espagne, il fut chargé de défendre la Sicile.
En 1704, devant Malaga, il infligea de très lourdes pertes à la flotte anglo-hollandaise commandée par l’amiral George Rooke. Le roi Philippe V d'Espagne, son neveu, le nomma chevalier de la Toison d'or en 1704. D’abord Secrétaire d’Etat, il demeura chef du Conseil de la Marine, jusqu’en 1722, date à laquelle il fut remplacé par son rival, Fleuriau d’Armenonville qui lui-même avait été nommé Secrétaire d’Etat à la Marine le 24 septembre 1718. Son fils, Jean-Baptiste, lui succèdera du 16 février 1723 au 10 août 1723.
Enfin, Jean Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas, devint à son tour Secrétaire d'État à la Marine le 16 août 1723, jusqu’au 23 avril 1749. Ministre de la Marine discret mais très efficace, ce fut avec beaucoup de talent qu'il utilisa des crédits insuffisants pour moderniser la marine royale des années 1730-1740. Il visita les ports, rencontra les constructeurs et favorisa l'émergence de nouvelles techniques de construction. Il fit remonter peu à peu les effectifs des vaisseaux et des frégates, restés longtemps à un très bas niveau à cause de la grave crise financière de la fin du règne de Louis XIV. C'est à lui que l'on doit l'apparition des vaisseaux de 74 canons qui surprirent la Royal Navy par leur puissance de feu et leur manœuvrabilité pendant la Guerre de Succession d'Autriche (1740-1478), mais à ces dates, la Buse n’était plus qu’un souvenir sur l’île Bourbon.
L’ÎLE DE BOURBON.
La population de Bourbon en 1718 : « Il peut y avoir, tant dans l’un que dans l’autre quartier 3600 habitants dont plus de 2000 noirs esclaves. Les autres sont Européens, et plusieurs d’entre eux ont été forbans (pirates). Les Créoles, ou ceux et celles qui sont nés dans l’île sont tous bien bâtis. Une partie est de type mulâtre. Les femmes et les filles ont la plupart, des yeux noirs et vifs, portent bien la tête et les épaules. Elles ne portent ni corsets, ni habits français, mais simplement des jupons d’étoffe, des chemises de toile de coton fort fines, boutonnées aux manches et du col. Elles ont comme coiffure un mouchoir. Elles ne portent jamais ni bas, ni souliers. Les enfants y viennent bien et on ne les met jamais en maillot. »
Ce fut sur cette terre lointaine, aujourd’hui appelée la Réunion, que se joua le destin d’Olivier Levasseur. Quand il réalisa ses exploits sur les mers alentours, le gouverneur de l’île de 1718 à 1723, Joseph de Beauvollier de Courchant, lieutenant de frégate, avait été missionné pour rentabiliser le commerce du café et engager les habitants à pratiquer une polyculture riche : poivre, coton et cannelle. De plus, il était chargé de ravitailler en eau et en nourriture les navires des Compagnies marchandes. Pratiquant une politique d’ouverture et voulant peupler son territoire, de Courchant accueillera le pirate repenti Thomas Congdom qui venait de s’emparer d’un vaisseau arabe contenant 1,3 million de roupies en or. Gracié, le pirate s’installa avec 32 de ses hommes en 1721 pour mener joyeuse vie. La Buse n’eut pas cette chance.
PARCOURS DE LA BUSE.
Pour dépasser le Cap de bonne Espérance en venant d’Orient, les capitaines avaient le choix entre trois voies maritimes : le Canal du Mozambique en longeant ensuite les côtes de Zanzibar, le passage entre Madagascar et l’île Bourbon, le détroit de Malacca avant de voguer au sud de l’île Bourbon. Après avoir pillé quelques navires, la Buse essuya une tempête terrible au sortir de laquelle il perdit la Reine des Indes à Mayotte. L’opportuniste capitaine anglais Taylor, qui possédait un vaisseau sans capitaine, lui proposa alors d’en prendre le commandement. Le capitaine England s’associa avec eux durant une courte durée. Homme au caractère violent, ils s’en séparèrent lors d’une escale sur l’île Maurice (l’île de France), puis mirent le cap en direction de l’île Bourbon.
La Buse devient riche et célèbre.
Le 20 avril 1731, le navire amiral de la flotte portugaise venant de Goa et retournant à Lisbonne, la Nossa Senhora do Cabo, magnifique nef de 800 tonneaux, armée de 70 canons, après avoir subi des dégâts lors d’une violente tempête, fit escale en rade Saint-Denis à l’île Bourbon pour réparer les avaries de la coque et des gréements. Il était impossible à un navire de cette taille d’aborder les pontons du port sans s’échouer. On assura donc la liaison avec la terre en utilisant de grosses chaloupes dans lesquelles prirent place le comte d’Ericeira, vice-roi de Goa, et Don Sebastian de Andrado, l’archevêque de Goa. Les deux puissants personnages laissèrent la Nossa Senhora do Cabo sous bonne garde car sa cargaison était d’une richesse inouïe.
Immobilisée, incapable d’effectuer la moindre manœuvre, la Nossa Senhora do Cabo, était une proie toute désignée pour des aventuriers audacieux. Le 26 avril 1721, alors que les réparations s’achevaient, deux vaisseaux se profilèrent à l’horizon. Le capitaine, saisi d’une appréhension, rassembla tous les hommes disponibles en vue d’une éventuelle bataille. L’affaire se présentait mal pour les Portugais. Plus de la moitié de l’équipage était à terre, les canons perdus pendant la tempête n’avaient pu être remplacés. Il fut soudain certain que les deux navires voguant à pleines voiles allaient aborder la Nossa Senhora do Cabo. Alerté, le Vice-roi, parvînt à rejoindre son bateau avec une cinquantaine d’hommes. On reconnut les deux assaillants : le Cassandra de John Taylor et le Victorieux d’Olivier Levasseur.
Au premier coup de canon, l’alerte fut donnée à Saint-Denis, mais le gouverneur Joseph de Beauvolier de Courchant et son adjoint Desforges-Boucher ne purent intervenir. Ils assistèrent, impuissants, à la fulgurante attaque des pirates qui avaient remplacé le pavillon anglais par le pavillon noir. Les 480 flibustiers submergèrent les forces portugaises.
Le fleuron de la flotte portugaise, la Nossa Senhora do Cabo, était entre les mains de Taylor et Levasseur. Le fabuleux butin : diamants, pierres précieuses, statues en or massif, soieries et épices furent partagées. Dans ce trésor, figurait une croix d’or incrustée de vingt livres de diamants et de nombreux autres objets dignes d’un roi. Durant quatre jours, les pirates firent la fête, puis Olivier Levasseur prit possession de la Nossa Senhora do Cabo, qu’il rebaptisa le Victorieux.
Quatre jours plus tard, Taylor et Levasseur prirent le contrôle du navire la ville d’Ostende (de la Compagnie des Indes d'Ostende) en rade Saint-Paul. Les deux hommes se sentaient forts. Afin de se mettre à l’abri, ils décidèrent de se rendre sur l’île Sainte-Marie (Nosy Bohara ou île d’Abraham) à Madagascar. Lors de ce périple, en décembre 1721, ils attaquèrent et incendièrent la Duchesse de Noailles, navire ravitailleur et transporteur d’esclaves. Un voyageur nous a laissé ce récit : "Le bateau fut pillé sans vergogne, l’équipage agressé avec hargne et sans pitié envers ceux qui résistaient. Cependant, le chargement constitué essentiellement de vivres à destination de l'isle de Bourbon ne satisfit pas l'appétit d'or des pirates, ils l'incendièrent en prenant à leur bord une partie de l'équipage ayant de quoi payer leur voyage de retour".
Taylor et la Buse mirent fin à leur association. Taylor vogua vers Panama ou l’attendait une promesse d’amnistie, la Buse retourna à Sainte-Marie appelée aussi l’île aux nattes. Et ce fut à cet endroit qu’il fit naufrage après avoir sous estimé le fond qui ne dépassait pas quinze brasses. Un récit nous raconte cet épisode : « Un jour arriva un navire pirate français d'après le capitaine, avec à son bord près de deux cents hommes, plus riches encore que les Rois d'Europe. Leur navire était le plus grand des navires que l’on n’avait jamais vu sur l'isle, il passait avec peine à cause de son tirant d’eau important et ils talonnèrent sur un banc de sable aux abords de l'isle. Ils laissèrent le navire échoué et gagnèrent Le Port à pied. Ils écopèrent la taverne de tout le rhum qu'elle pouvait contenir durant plusieurs nuits. C'est un soir qu'ils virent passer leur bateau dans la baie du Port en direction d'Antongil. Considérant les effets de la boisson, cela ne les avait pas plus inquiétés que cela, mais quand ils quittèrent la taverne ils furent incapables de retrouver leur navire échoué. Certains pensèrent que les pirates avaient mal fixé leurs ancres et qu'elles glissèrent sur le fond de sable, laissant le bateau filer avec le courant montant. Depuis ce jour, les derniers pirates des Mers du Sud amarrèrent leur bateau uniquement dans la baie au petit îlot devenu alors l'Île aux Forbans ».
La compagnie des Indes joua un rôle considérable dans l'extermination des pirates. Les enjeux commerciaux étaient tels qu'elle dicta sa politique maritime aux grandes puissances du XVIII et XIX ème siècle.
Fiction inventée afin d'appater les chercheurs de trésors: L'expédition "La Buse 2005" composée de douze membres et financée par Tomaso Buenaserra retrouva l’épave après un travail préliminaire effectué par Francesca Verrezano.
La Vérité: Riche, admiré, n’ayant plus de navire, la Buse n’écuma plus les mers. La piraterie avait vécu ses dernières heures de gloire. La France, sous l’impulsion de Duguay-Trouin, pourchassait et détruisait les navires flibustiers sur toutes les mers du globe. Afin d’accélérer ce processus d’élimination de la piraterie, le roi de France promulgua une charte de clémence enjoignant les pirates à prendre leur retraite et mener une vie paisible.
La Buse, en 1723, demanda son amnistie au nouveau gouverneur Desforges-Boucher. Le 23 septembre 1724, le conseil de l’île Bourbon accepta (pour la seconde fois) d’amnistier le pirate français, mais ce dernier, se sentant piégé, ne restitua pas son trésor aux autorités, condition de son blanchiment. Le butin était hors de portée du gouverneur, caché quelque part sur l’une des nombreuses terres bordant la route des Indes.
Dès lors, les hypothèses n’ont cessé de fleurir sur l’endroit de la cachette. Aujourd’hui, on admet que six îles ont servi de bases à la Buse : Maurice (Isle de France), Rodrigues, La Réunion (l’Isle de Bourbon), Frigate et Mahé aux Seychelles (Isles des 7 sœurs), Sainte-Marie (Nosy Bohara). C’est donc sur ces lieux que doivent se concentrer les recherches.
La Buse tarda trop à entrer dans les bonnes grâces de la France. Le 31 décembre 1727, la Compagnie des Indes Orientales exigea qu’aucune amnistie ne soit accordée aux forbans. Le nouveau gouverneur Dumas se plia à ces exigences, car lui-même ancien pirate, il rêvait de mettre la main sur le trésor de la Buse.
Limitant ses déplacements, en attendant d’être oublé, vers juillet 1728, la Buse offrit ses services de pilote sur la côte orientale de Madagascar. En 1729, il fut engagé par le capitaine d’Hermitte de la Méduse pour guider cette dernière entre les hauts-fonds de la baye d’Antongil. Le capitaine reconnut la Buse et l’arrêta sur-le-champ pour le conduire sur l’île Bourbon où la Méduse accosta à Saint-Denis.
Le gouverneur Dumas ayant choisi de vivre à Saint-Paul, la petite troupe traversa les terres pour mener le pirate sur les lieux de son jugement. Quand la Buse traversa le pont qui franchissait « la ravine à malheur, il s’écria : « Avec ce que j’ai caché ici, je pourrais acheter l’île ».
Préférant subir le pire des châtiments plutôt que dévoiler l’endroit où il a enfoui le trésor, la Buse sera condamné à mort le 7 juillet 1730 : « Le conseil le condamne à faire amende honorable devant la principale porte de l’église de cette paroisse, nu en chemise, la corde au col et tenant en sa main ardent du poids de deux livres, pour là, dire et déclarer à haute et intelligible voix, que méchamment et témérairement il a fait pendant plusieurs années le métier de forban dont il se repent et demande pardon à Dieu, au Roy et à la Justice. Ce fait sera conduit en la place publique pour y estre pendu et estranglé jusqu’à que mort s’ensuive à une potence qui, pour cet effet sera plantée à la place accoutumée ; son corps mort y restera vingt-quatre heures et sera ensuite exposé au bord de la mer... »
L’extrait du jugement signé par Chassin, Dumas, Villarnoy, G. Dumas et de Lanix nous donne quelques détails des mises en scène tragiques de l’époque : « Voeu par le Conseil le procès criminel extraordinairement fait et instruit à la requête et diligence du Procureur du Roy, demandeur et accusateur, contre Olivier Levasseur surnommé La Buse, accusé du crime de piraterie. Le Conseil l’a condamné et condamne à faire amande honorable devant la principale porte de l’église de cette paroisse, nu en chemise, la corde au col et tenant en sa main une torche ardente du poids de deux livres, pour là, dire et déclarer à haute et intelligible voix que méchamment et témérairement il a fait pendant plusieurs années le métier de forban, dont il se repent et demande pardon à Dieu, au Roy. Exécuté à cinq heures du soir le sept juillet mil sept cent trente. »
La Légende.
Quand il monta sur l’échafaud, Olivier Levasseur lança dans la foule le cryptogramme et clama : « Mes trésors à qui saura comprendre. » Il est fort probable que le document, composé par la Buse bien avant son exécution, avait été remis à quelqu’un de son entourage. Autre hypothèse : le cryptogramme avait été réalisé par un lieutenant de la Buse. Le cryptogramme conservé aux archives de la Réunion fut envoyé par madame Savy à son neveu qui le fit déposer chez un notaire de l’île de Mahé. En 1934, Charles de la Roncière, à la Bibliothèque Nationale en fait un déchiffrement approximatif qui ne tient pas compte du jargon employé à l’époque et du mélange des langues utilisés par les flibustiers. Ce cryptogramme ne peut pas être une carte géographique car les pirates n’en possédaient pas. Ils naviguaient à l’estime grâce à la boussole, au bateau de loch, au sondeur à main et au sablier. Pendant neuf ans, jusqu’en 1963, les Membres des Chasseurs de Trésors isoleront des symboles liés à la piraterie et aux francs-maçons. Robert Charroux livrera une partie de ses travaux dans « Trésors du monde, enterrés, emmurés, engloutis. »
http://www.mandragore2.net/dico/dicos.php
Quelques termes de galère et leur équivalence : Le gavon était soit la chambre où, la nuit, se retirait le capitaine, soit un local contenant le charbon ou le bois servant à la cuisine.
Le Créole : Jean Mongin écrivait en 1682 : "Les nègres ont appris en peu de temps un certain jargon français que les missionnaires savent et avec lequel ils les instruisent, qui est par l'infinitif du verbe, sans jamais le conjuguer, en y ajoutant quelques mots qui font connaître le temps et la personne de qui l'on parle. Par exemple, s'ils veulent dire «Je veux prier Dieu demain», ils diront «Moi prier Dieu demain», «Moi manger hier», «Toi donner manger à moi» et ainsi en toutes choses. [...] Les missionnaires ne trouvent point de moyen plus efficace dans les répréhensions qu'ils font aux nègres, quand ils sont dans le désordre, que de les menacer dans leur jargon : «Toi seras traité de même que nègre anglais, sans baptême, sans église, sans sépulture.» Les 127 langues créoles se répartissent ainsi :
A présent, à vous de jouer pour traduire le parchemin, engager une équipe et partir à l’aventure.
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