
| Le trésor de Toutankhâmon. |
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Le Trésor de Toutankhamon.
Toutankhamon naquit en -1345 et mourut en -1327. Onzième pharaon de la XVIII ème dynastie en -1338, bien que n’ayant rien réalisé de grandiose pour son pays à cause de son jeune âge et de sa maladie, son nom est aussi retentissant à notre esprit que celui de Ramsès II. Il doit sa célébrité à la découverte de sa tombe quasiment intacte. A la mort d’Akhénaton, la reine Ânkh-Khéperourê, fille aînée du roi et de la reine Nefertiti, connue sous le nom de Mérytaton, monta sur le trône pour disparaître aussitôt dans des circonstances mystérieuses. Tout naturellement, Toutankhaton, âgé de neuf ans, lui succéda. Son avènement fut légitimé par son mariage avec Ânkhésenpaaton, troisième fille d’Akhénaton et de Néfertiti qui prit le nom Ânkhésenpaamon quand le clergé d’Amon reprit le pouvoir.
Toutankhamon n’avait donc que 9 ans en montant sur le trône. Le véritable pouvoir était en fait exercé par le grand prêtre Ay et le général Horemheb. Sous cette double contrainte, le jeune pharaon ne pouvait lutter contre les religieux qui voulaient en finir avec le culte d’Aton. Forcé de renouer avec les anciennes traditions, il abandonna le nom de Toutankhaton pour celui de Toutankhamon (image vivante d’Amon). Quittant la ville d’Akhetaton, il s’installa à Thèbes puis à Memphis qui redevint la capitale de l’Empire.
Toutankhamon s’efforça alors de restaurer les temples endommagés, mais il n’eut pas le temps d’exprimer sa volonté politique. Atteint du paludisme combiné à une maladie des os, il s’éteignit (vraisemblablement à la suite d’une infection généralisée des jambes) sans avoir pu donner un héritier au trône. Certains chercheurs avancent que sa mort serait due à la drépanocytose, maladie touchant les populations vivant dans les oasis Avec lui, s’éteignit la grandiose lignée d’Ahmôsis. N’ayant pu achever la construction de sa tombe (qui devint celle de Ay), il fut enterré à la hâte dans une modeste tombe.
De récentes études semblent avoir apporté une réponse définitive à ces questions. Selon Zahi Hawass, responsable des antiquités égyptiennes au musée du Caire, dont les travaux sont parus dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) du 17 février 2010, la mère du jeune pharaon n'était pas Néfertiti, mais une épouse secondaire dont la momie est référencée KV35YL, apparemment la sœur d'Akhénaton.
Le culte d’Aton.
Amenhotep III fut le premier à favoriser le culte d’Aton durant son règne, mais c’est son fils, Amenhotep IV qui imposa Aton, dieu unique de l’Egypte. En personnifiant le Dieu au disque solaire, il prit le nom d’Akhénaton (Celui qui est utile à Aton) et transforma le grand temple du dieu Amon-Rê à Karnak en bâtissant, côté oriental, les édifices religieux dédiés au disque.
Extrait de l’hymne à Aton : Tu te lèves à l'aube, à l'horizon Tu rayonnes, disque solaire, dans le jour, Tu dissipes les ténèbres Tu répands tes rayons. Le double pays est en fête, Les hommes s'éveillent, Ils se tiennent debout sur leurs pieds. C'est toi qui fais qu'ils se lèvent. Leur corps devenu pur, ils s'habillent, Leurs bras font des gestes d'adoration à ton lever. L'univers entier se met à l'œuvre, Chaque troupeau est satisfait de son herbage, Arbres et herbes verdissent, Les oiseaux, volant ailes déployées hors de leur nids, font des actes d'adoration à ta puissance vitale. Tous les animaux sautillent sur leur pattes, tous ceux qui volent, tous ceux qui se posent, Vivent à ton lever. Les bateaux font voile, En montant et en descendant le courant, Chaque jour est ouvert, Tu apparais. Dans la rivière, les poissons font des bonds Vers ton visage, Tes rayons pénètrent au cœur de la Très Verte.
Entre l’an 5 et 6 de son règne, il décida de fonder une nouvelle capitale : Akhetaton (l’Horizon d’Aton) (Tell el-Amarna). Ayant considérablement affaibli le clergé traditionnel, il imposa Aton comme le dieu unique de toute l’Egypte en insistant sur l’amour et la chaleur du cœur véhiculé par le nouveau culte. Toutefois, cet Aton désincarné était loin de faire l’unanimité chez le peuple habitué aux fastes d’une religion vivifiante vieille de 3000 ans. De plus, le clergé qui vivait de prérogatives exceptionnelles, des impôts et des dons à travers les dieux de la vallée du Nil se vit soudain dépossédé d’une grande partie de ses revenus. A la mort d’Akhenaton, les Grands Prêtres mirent fin au culte d’Aton et obligèrent le jeune Toutankhaton à changer de nom. Ce dernier, devenu Toutankhamon, abandonna la ville d’Akhetaton et, suivi de la Cour, réoccupa provisoirement les palais thébains.
La tombe de Toutankhamon.
Il fut découvert le 4 novembre 1922 dans le tombeau KV62, hypogée dans la vallée des Rois sur la rive gauche du Nil face à Louxor, par l’égyptologue Howard Carter engagé par lord Carnarvon.
Le tombeau avait été visité à deux reprises sous l’Antiquité, mais apparemment rien ou presque n’avait été dérobé. La première tentative de vol eut lieu juste après les funérailles de Toutankhamon. La tombe était remplie d’objets d’or, d’albâtre et d’ivoire. Il est fort probable qu’Horemheb et les premiers Ramsès dissimulèrent volontairement la tombe afin de jeter l’oubli sur la période antonienne ou amarnienne. Les noms de Toutankhamon, de Mérytaton et d’Akhenaton furent retirés des listes royales officielles de l’Empire. Toute trace disparue, les sépultures échappèrent aux voleurs. A ce jour, la tombe d’Akhenaton n’a pas encore été découverte.
L’histoire de la plus extraordinaire découverte archéologique du XXè siècle débuta en 1902 quand l’Américain Théodore Monroe Davis obtint la concession des fouilles dans la vallée des Rois. Pendant douze ans, au prix d’un travail colossal, il découvrit une trentaine de sépultures. En 1915, estimant que le « gisement » était épuisé, il céda sa concession à lord Carnarvon. En 1917, Howard Carter reprit les fouilles avec l’unique but de retrouver la tombe de Toutankhamon.
L’entrée du caveau avait été accidentellement ou volontairement préservée par les gravats provenant du site KV9 regroupant les tombes de Ramsès V et de Ramsès VI. Dix ans furent nécessaires à Howard Carter, le photographe Harry Burton et une équipe de scientifiques pour répertorier les milliers d’objets entassés dans la tombe de Toutankhamon. En 1922, lord Carnavon, déçu par les maigres résultats d’une campagne qui durait depuis plus de quatre ans, fut sur le point de renoncer. Mais l’instinct et l’opiniâtreté de Carter eurent raison du défaitisme du lord. On décida de prolonger les fouilles durant quelques mois.
Le mercredi 1er novembre, l’exploration d’une nouvelle zone débuta. Le samedi 4 novembre, les terrassiers mirent à nu la première marche d’un escalier qui s’enfonçait dans le sol. Le 6, douze marches furent dégagées, laissant apparaître le haut d’une porte dont les sceaux usés étaient illisibles. Carter est sur le point de faire une découverte importante, il en a la certitude et envoie un télégramme crypté, le 6 novembre, à lord Carnarvon en Angleterre : « Avons enfin fait une découverte extraordinaire dans la Vallée : une tombe somptueuse dont les sceaux sont intacts ; l'avons refermée jusqu'à votre arrivée ; félicitations. » Carnarvon quitta séance tenante Londres et arriva à Louxor, le 23 novembre 1922, en compagnie de sa fille Evelyn Herbert.
Le 24 novembre, dès l’aube, les fouilles reprirent avec fébrilité. Quatre autres marches furent dégagées, et les sceaux du bas de la porte, eux très lisibles, ne laissèrent aucun doute sur le nom du roi inhumé à cet endroit : Toutankhamon. Cependant l’inquiétude prend le dessus sur l’enthousiasme car des traces sur la partie supérieure de la porte font croire que la tombe a été déjà « visitée » par les voleurs de l’Antiquité.
Le 25 novembre, après l’ouverture de la première porte, la découverte d’un tunnel rebouché confirma le travail des pillards. Le 26, le couloir est déblayé. Carter est le premier à s’aventurer brièvement dans l’antichambre mortuaire. Ecoutons ses propos : « Lentement, la scène devenait plus nette et nous parvinmes à distinguer quelques objets. Tout d'abord, juste en face de nous - nous le savions mais refusions d'y croire - se trouvaient trois imposants lits funéraires, dorés, aux côtés sculptés en forme d'animaux monstrueux dont le corps était curieusement stylisé dans un but utilitaire, mais dont les têtes faisaient preuve d'un réalisme stupéfiant. En toutes circonstances, ces figures auraient paru étranges, mais vues comme nous les vimes, tandis que nos lampes électriques, tels les feux de la rampe, arrachaient aux ténèbres leurs surfaces dorées et que leurs têtes projetaient sur le mur derrière elles des ombres fantastiques, distordues, ces créatures devenaient presque terrifiantes. Puis à droite, deux statues attirèrent notre attention ; deux statues de roi, noires, grandeur nature, en vis-à-vis telles deux sentinelles, pagnes et sandales d'or, armées d'une massue et d'une canne, le front orné du cobra protecteur. »
Le 28 novembre, une ouverture fut pratiquée dans la porte fermant la chambre funéraire, puis presque aussitôt rebouchée pour des raisons politiques. L’ouverture officielle n’aura lieu que le 17 février 1923. En effet, le pacha d’Egypte de 1917 à 1922 prit le titre de roi Fouad I, et déclara unilatéralement l’indépendance de l’Egypte, provoquant une tension extrême avec la Grande-Bretagne dont plusieurs ressortissants furent assassinés au Caire et à Alexandrie.
Cependant, une petite cérémonie non officielle eut lieu le 29 novembre à Louxor en présence du représentant du Times, Arthur Merton. Le 30, le journal à grand tirage publia deux pages sur Toutankhâmon et la XVIIIè dynastie. L’évènement de la découverte archéologique se répandit dans le monde. Le secret ne pouvait plus être gardé. Ce fut la ruée vers la Vallée des Rois. Des visiteurs s’y pressèrent dans l’espoir de voir le fabuleux trésor.
Face à cet afflux, voulant protéger la tombe, Carter se rendit au Caire le 6 décembre pour acquérir du matériel et pour commander une porte en fer qui, une fois acheminée sur le site, obturerait la tombe. L’argent ne manquait plus. Carter, devenu célèbre, recevait des propositions d’aide de toute la communauté scientifique. De nombreuses institutions étaient prêtes à investir pour exploiter sa découverte, dont le Metropolitan Museum of Art de New York.
Carnarvon et Carter comprirent alors qu’ils ne pouvaient mener seuls à bien cette aventure. Ils constituèrent une équipe renforcée avec notamment le chimiste Alfred Lucas, l’égyptologue Arthur Cuttenden Mace, l’archéologue James Henry Breasted, les architectes Walter Hauser et Lindsay Hall, le philologue Alan Gardiner, le photographe Harry Burton, l’égyptologue Percy Newberry…
Le travail dans l’antichambre commença le 27 décembre 1922, et il fallut dix ans pour dégager complètement la tombe. Pendant ces dix années la presse s’exaspéra face à la lenteur d’un Carter qui fit un inventaire minutieux, étudiant chaque objet avec ses collaborateurs qui en firent des croquis, des descriptions, des analyses chimiques…Dans un premier temps, les objets étaient entreposés dans les tombes voisines où avaient été aménagés des ateliers de restaurations, avant d’être envoyés au Caire par bateau ou par train.
Faute de mieux, l’imagination et la crainte prenant le dessus sur le réalisme des scientifiques, les journalistes firent naître la légende de la malédiction du pharaon lorsque lord Carnarvon mourut d’une piqûre de moustique, le 5 avril 1923 au Caire. Il était âgé de 57 ans. Une autre source explique qu’il décéda des suites d’une septicémie due à une blessure faite en se rasant ou d’une pneumonie. Plusieurs chercheurs en place à Louxor décédèrent par la suite (27 personnes au total). Avant ces fins tragiques, il y avait eu un précédent : quelques jours avant l’ouverture de la tombe, un cobra s’était introduit dans la cage du canari de Howard Carter et avait avalé l’oiseau. Dans l’esprit populaire, le cobra était l’envoyé des pharaons et chacun y vit un mauvais présage. Seul Carter résista et mourut d’une cirrhose du foie en 1939, à l’âge de 65 ans.
Parmi les victimes, on dénombra un taux élevé de pneumonies asphyxiantes. Dans un premier temps, le docteur Geoffrey Dean avança l’idée que les décès étaient du à l’histoplasmosis, mais cette hypothèse s’effondra quand on détermina que le virus pathogène ne pouvait survivre que dans les milieux vivants. Aujourd’hui, grâce aux travaux du docteur Caroline Stenger Philipp, on pense que les savant ont été victimes de la décomposition en moisissures des fruits et des légumes contenus dans la tombe, après avoir respiré des particules de poussière organique fortement allergènes.
La restauration de la momie de Ramsès II en 1985 apporta des informations complémentaires à la raison de ces décès, quand on découvrit les nombreux champignons proliférant et dangereux pour l’homme. En conclusion, nous pouvons affirmer que la maladie des archéologues est « une pneumonie à précipitines, un conflit immuno-allergique dû à l'inhalation de particules d'origine animale ou végétale dotées de propriétés antigéniques. L'affection se caractérise par une pneumonie aiguë ».
Les décès ayant entretenu la légende de la malédiction du pharaon :
Quelques détails sur la tombe :
Voir http://www.osirisnet.net/tombes/pharaons/toutankhamon/toutankhamon.htm
Les deux pièces furent découvertes remplies de matériel funéraire, essentiellement (3000 objets) au nom du jeune roi. Leur ordonnancement avait cependant été complètement bouleversé par les pilleurs. Les inspecteurs qui intervinrent après le pillage remirent un semblant d'ordre, mais sans manifestement prendre leur travail à cœur, empilant les objets dans les coffrets au hasard et repoussant sans ménagement les objets longs contre les murs. Carter se demandait même pourquoi ils avaient pris cette peine pour un tel résultat.
Scène unique dans l’histoire égyptienne :
Il s'agit d'une représentation unique dans les tombes royales : le nouveau pharaon Ay, expressément nommé, pratique la cérémonie d'ouverture de la bouche sur son "père" Toutankhamon pourtant bien plus jeune que lui. Le nouveau roi est représenté canoniquement juvénile, de taille un peu inférieure à Toutankhamon. Il est revêtu de la peau de panthère du prêtre-sem, il est coiffé de la couronne bleue (le Khepresh) avec l'uraeus et porte aux pieds des sandales blanches. Il joue donc ici le rôle habituellement réservé à l'aîné des fils du roi défunt qui, en accomplissant les rites, affirme sa légitimité. Et il s'agit clairement ici pour le vieux courtisan d'asseoir son droit -très contestable- au trône.
Le futur de la tombe de Toutankhamon.
Elle va être fermée jusqu’en 2015 en raison de sa restauration qui va être entreprise par le Getty Insitute de Los Angeles Il s'agira tout d'abord pour les conservateurs de faire un état des lieux, et notamment de déterminer la nature des innombrables taches marron qui mutilent les murs, et qui sont présentes au moins depuis la découverte de la tombe en 1922. Cette phase est prévue pour durer deux ans. Puis débutera la conservation proprement dite, ainsi que la mise en place d'un plan pour le maintien à long terme des conditions optimales à la préservation de la tombe. On ignore encore si la tombe ouvrira de nouveau au public un jour ou sera remplacée par un fac-similé dans la Vallée.
Extrait du Livre des Morts:
Puisse mon cœur être à moi dans la maison des cœurs ! Mon coeur est à moi dans la maison des cœurs ! Puisse-t-il être à moi mon cœur, puisse-t-il reposer en moi, (sans quoi) je ne mangerai pas les pains d'Osiris sur le rivage oriental du lac-agui. Un bateau khoukhet descendant (le fleuve) sur lequel tu navigues, je ne descendrai pas dans ce bateau avec toi. Qu'il me soit possible de pouvoir parler avec ma bouche, marcher avec mes jambes, repousser mes ennemis avec mes bras et mes mains. Que soient ouvertes pour moi les portes des cieux. Geb, le premier des dieux, ouvre pour moi ses deux mâchoires, il ouvre mes yeux aveugles, il étend mes jambes (qui étaient) repliées, Anubis affermit mes genoux pour que je me lève, la déesse Sekhmet me fait me redresser, j'existe dans le ciel, (car) a été fait ce que j'ai commandé dans la demeure du ka de Ptah.
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