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Le trésor des Jésuites

 

 

 

 

 

 

 

Le Trésor des Jésuites.

 

 

 

 

       
      La zone hachurée représente la région dans laquelle est caché le ou les trésors des Jésuites.

   

Une des énigmes concernant les trésors perdus est celle du trésor des Jésuites, fruit d’un pillage d’une civilisation amérindienne (celle des Incas) caché quelque part en Bolivie. Mais qui étaient donc ces Jésuites capables du bon comme du pire. Afin de mieux les connaître et d’aborder cette histoire de trésor, il est nécessaire de vous dévoiler le serment secret de leurs « commandeurs ».

 

 

                     
                     Jean-Michel Thibaux: gobelet Inca.
Les Jésuites trouvèrent des objets précieux incas, mais la majorité de leurs richesses provenait des mines d'or et d'argent.

 

        


Le serment secret des Jésuites.

 

 

Le frère de rang mineur avait été choisi pour accéder à un poste de commandement en Bolivie. Il était fébrile et anxieux malgré toute une nuit passée à prier. Il aurait voulu avoir le courage du Christ, la force d’Ignace de Loyola. Il fut conduit à la chapelle du couvent de l’Ordre où l’attendait le Principal assisté de deux moines. Celui de gauche portait la bannière aux couleurs du pape, jaune et blanche, le second tenait la bannière noire où figuraient la dague et la croix rouge au-dessus d’un crâne et de deux tibias entrecroisés, avec les lettres INRI surmontées de la phrase latine : IUSTUM NECAR REGES IMPII (il est juste d’exterminer les rois impies).

 

 

                       

 

 

Le frère mineur s’agenouilla sur une croix rouge posée sur le sol alors que le Principal lui tendait le petit crucifix noir. Il le prit de sa main gauche et le serra contre son cœur. Le Principal pointa ensuite la dague sacrée contre le cœur d’un frère qui entoura la lame de ses doigts Puis la voix irréelle du Principal s’éleva jusqu’à la clef de voûte où veillaient les anges :

 

"Mon fils, jusqu'à présent on t'a enseigné à maîtriser l'art de la dissimulation : à être un Catholique Romain parmi les Catholiques Romains, et même à être un espion parmi tes propres frères ; à ne croire aucun homme, à ne faire confiance à aucun homme ; parmi les Réformés, à être un Réformé ; parmi les Huguenots, à être un Huguenot ; parmi les Calvinistes, à être un Calviniste ; parmi les autres Protestants, à être en général un autre Protestant ; à obtenir leur confiance, et même à t'efforcer de prêcher du haut de leurs pupitres ; à dénoncer avec toute la véhémence dont tu es capable notre Sainte Religion et le Pape ; et même à t'abaisser jusqu'à te faire Juif parmi les Juifs, afin de pouvoir rassembler toutes les informations nécessaires à ton Ordre, en tant que fidèle soldat du Pape. »

 

 

                           
                               
 Jean-Michel Thibaux: un père Jésuite.

 

 

 

"On t'a enseigné à planter insidieusement des semences de jalousie et de haine entre les communautés, les provinces, et les Etats qui étaient en paix ; à les inciter à commettre des actes sanglants ; à les provoquer à la guerre les uns avec les autres, et à déclencher des révolutions et des guerres civiles dans des pays qui étaient indépendants et prospères ; à cultiver les arts et les sciences et à jouir des bienfaits de la paix ; à te ranger aux côtés des combattants et à agir secrètement avec tes frères Jésuites qui pourraient être engagés dans la partie adverse, tout en étant ouvertement opposés à la cause que tu défends ; pour la seule raison que l'Eglise puisse toujours être du côté des vainqueurs, dans les conditions fixées dans les traités de paix, et parce que la fin justifie les moyens.

 

 

  

                     
                                    Jean-Michel Thibaux: les Jésuites.

 

 

 

"On t'a enseigné à travailler comme un espion, à recueillir tous les faits, statistiques et informations qui sont en ton pouvoir, de toutes les sources possibles ; à gagner la confiance des Protestants et des hérétiques de toutes sortes, jusque dans leurs familles ; à gagner la confiance des commerçants, des banquiers, des avocats, de ceux qui travaillent dans les écoles et les universités, dans les Parlements et les législatures, dans les tribunaux et les Conseils d'Etat, et dans toutes les institutions des hommes, au profit du Pape, dont nous sommes les serviteurs jusqu'à la mort. Jusqu'à présent, tu avais reçu tes instructions en tant que novice et néophyte, tu avais servi en tant que coadjuteur, confesseur et prêtre, mais tu n'avais pas été investi de tout ce qui est nécessaire pour commander dans l'armée de Loyola, au service du Pape. Tu dois servir la durée fixée, en tant qu'instrument et exécutant, sous la direction de tes supérieurs ; car personne ne peut commander ici sans avoir consacré ses œuvres par le sang des hérétiques ; "car sans effusion de sang, personne ne peut être sauvé."

 

 

                                      
Jean-Michel Thibaux: les religions amérindiennes étaient à l'opposé de la religion chrétienne.

 

 

 

"En conséquence, pour t'équiper pour ton œuvre et pour assurer pleinement ton salut, outre le vœu d'obéissance à ton Ordre et au Pape, que tu as déjà prononcé, je te demande de répéter après moi :

 

 

"Moi, frère Julio, en présence maintenant du Dieu Tout-Puissant, de la Bienheureuse Vierge Marie, du Bienheureux Saint Jean-Baptiste, des Saints Apôtres, de Saint Pierre, de Saint Paul et de tous les saints, armée sacrée des Cieux, ainsi qu'en votre présence, mon Père Spirituel, Supérieur Général de la Société de Jésus, fondée par Saint Ignace de Loyola, sous le pontificat de Paul III, et qui a subsisté jusqu'à ce jour ; par le sein de la Vierge, la Mère de Dieu, et par la verge de Jésus-Christ, je déclare et jure que Sa Sainteté le Pape est le Vice-Régent de Christ, et le seul véritable Chef de l'Eglise Catholique et Universelle dans toute la terre ; et que, par la vertu des clefs lui permettant de lier et de délier, clefs qui ont été données à Sa Sainteté par mon Sauveur, Jésus-Christ, il possède le pouvoir de déposer les Rois, Princes, Chefs d'Etat et de Gouvernement hérétiques, afin qu'ils soient complètement annihilés.

 

 

 

                           
Jean-Michel Thibaux: Saint-Ignace de Loyola, fer de lance de la lutte contre les hérétiques et fondateur de l'Ordre des Jésuites.

 

 

"Par conséquent, je défendrai de toutes mes forces cette doctrine, et le droit de Sa Sainteté de détruire l'autorité de tous les usurpateurs et de tous les hérétiques, notamment les Protestants, en particulier ceux qui appartiennent aux Eglises Luthériennes d'Allemagne, de Hollande, du Danemark, de Suède et de Norvège, et qui sont sous l'autorité des prétendues Eglises d'Angleterre et d'Ecosse, ainsi que de leurs branches établies en Irlande, sur le continent américain et partout dans le monde, pour ce qui concerne toutes leurs croyances hérétiques, qui s'opposent à l'Eglise Mère sacrée de Rome. Je dénonce, et je renonce maintenant à toute allégeance à tout Roi, Prince ou Etat hérétique, qu'il soit Protestant ou Libéral ; je refuse toute obéissance à leurs lois, magistrats ou officiers. En outre, je déclare que les doctrines des Eglises d'Angleterre et d'Ecosse, des Calvinistes, des Huguenots, de tous les autres Protestants et de tous les Francs-Maçons, dont des doctrines dignes de damnation, comme sont dignes de damnation tous ceux qui ne renoncent pas à ces doctrines.

 

 

                   
           
  Jean-Michel Thibaux: Les chercheurs d'or aujourd'hui en Bolivie.

 

 

 

"Je déclare aussi que j'aiderai, assisterai et conseillerai tous les agents de Sa Sainteté, dans tous les endroits où ils pourraient se trouver, en particulier en Suisse, en Allemagne, en Hollande, en Irlande et en Amérique, ou dans tout autre pays ou territoire où je me trouverai ; que je consacrerai toutes mes énergies à extirper les doctrines Protestantes ou Maçonniques, et à détruire toute leur prétendue puissance, qu'elle soit légale ou autre. Je promets aussi et je déclare que toutes les religions sont hérétiques, pour la propagation des intérêts de notre Mère l'Eglise ; de garder secrets et privés tous les conseils de ses agents, lorsqu'ils se sont confiés à moi, et de n'en rien divulguer, ni en paroles, ni par écrit, ni de quelque manière que ce soit ; mais d'exécuter tout ce qui m'a été confié, donné ou ordonné par vous, mon Père Spirituel, ou par tout autre membre de cet Ordre sacré.

 

 

                             
           
      Jean-Michel Thibaux: le père jésuite saint François d'Assise.

 

 

 

"Je déclare aussi et je promets que je n'aurai jamais aucune opinion ni volonté personnelles, aucune réserve mentale, même jusqu'à la mort, mais que j'obéirai sans hésiter à tous les commandements que je pourrai recevoir de mes supérieurs dans la milice du Pape et de Jésus-Christ ; que j'irai dans toutes les parties du monde où je serai envoyé, dans les régions glacées du Nord, dans les jungles de l'Inde, dans les centres de civilisation de l'Europe, ou dans les endroits sauvages où vivent les tribus barbares de l'Amérique, sans murmurer ni me plaindre, mais en étant soumis dans toutes les choses qui m'auront été communiquées.

 

 

               
Jean-Michel Thibaux: La "Grégorienne", haut centre universitaire romain des Jésuites. 

 

 

 

"Je déclare encore et je promets que, lorsque l'opportunité se présentera, je mènerai une guerre incessante, secrète ou ouverte, contre tous les hérétiques, Protestants ou Maçons comme on me l’ordonnera, pour les extirper de la face de la terre ; que je ne tiendrai compte ni de l'âge, ni du sexe ni de la condition sociale, et que j'accepte de pendre, brûler, détruire, échauder, écorcher, étrangler et enterrer vivants ces infâmes hérétiques ; que je fendrai les entrailles et le ventre de leurs femmes ; que j'écraserai la tête de leurs enfants contre les murs, afin d'annihiler cette race exécrable ; que, si je ne peux pas le faire ouvertement, j'utiliserai en secret la coupe empoisonnée, la cordelette de strangulation, le poignard ou la balle de plomb, quels que soient le rang, la position, la dignité ou l'autorité des personnes, leur condition de vie publique ou privée, et comme pourront me le demander à tout moment les agents du Pape ou le Supérieur de la Fraternité du Saint Père, de la Société de Jésus.

 

 

                    
     
Jean-Michel Thibaux: emblême actuel des Jésuites de l'ïle de la Réunion.

 

 

 

"En confirmation de quoi, je consacre à présent ma vie, mon âme, et toute ma force corporelle à cette cause et, avec cette dague que je reçois maintenant, je signe de mon nom avec mon propre sang comme témoignage de mon engagement ; si, par la suite, je suis trouvé menteur ou affaibli dans ma détermination, que mes frères et compagnons d'armes de la milice du Pape me coupent les mains et les pieds, me fendent la gorge d'une oreille à l'autre, m'ouvrent le ventre et y versent du soufre brûlant, avec tous les châtiments qui peuvent m'être infligés sur la terre, et que mon âme soit perpétuellement torturée par les démons dans l'enfer éternel.

 

 

                       
 
Jean-Michel Thibaux: les frères Jésuites prèchèrent sur les quatre continents.

 

 

 

"Je m'engage à toujours voter pour un Chevalier de Colomb , de préférence à un Protestant, et surtout à un Franc-maçon, même s'il faut quitter mon parti pour cela ; si deux Catholiques s'affrontent dans une élection, je voterai pour celui qui défendra le mieux notre Mère l'Eglise. Je ne conclurai aucun contrat, ni n'emploierai aucun Protestant, s'il est en mon pouvoir d'employer ou de faire affaire avec un Catholique. Je m'efforcerai de placer des jeunes filles Catholiques dans des familles Protestantes, pour recevoir chaque semaine un rapport sur les activités privées de ces hérétiques. Je me fournirai les armes et les munitions nécessaires, pour pouvoir les utiliser quand on me le demandera, ou quand je recevrai l'ordre de défendre l'Eglise, soit en tant qu'individu, soit avec la milice du Pape.

 

 

              
Jean-Michel Thibaux: les galions ramenèrent des milliers de tonnes d'or et d'argent des pays contrôlés par les Jésuites.

 

 

 

"Tout cela, moi Julio, je jure, au nom de la Sainte Trinité, et du Saint sacrement que je vais maintenant prendre, de l'observer, selon le serment que je prononce. En témoignage de quoi, je prends ce très Saint sacrement de l'Eucharistie, et confirme mon témoignage par mon nom écrit à la pointe de cette dague, trempée dans mon propre sang, en le scellant en présence de ce Saint sacrement."

 

 

Fondation et Histoire de l’Ordre des Jésuites.

 

 

 

                              
                     Jean-Michel Thibaux: Ignace de Loyola.

 

 

                    
                   Jean-Michel Thibaux: le pape Paul III.

 

 

L’ordre fut fondé par Ignace de Loloya le 22 septembre 1540 avec l’approbation du pape Paul III qui mit toute son énergie au service des questions sur la foi et les réformes de la discipline religieuse lors des sessions houleuses du  « Concile de Trente (1545-1549). Officier de l’armée espagnole, Ignace de Loloya donnera au nouvel Ordre une structure militaire. Les « Soldats de Jésus » accomplirent donc des missions à caractère mystique et idéaliste, se tenant à l’entière et inconditionnelle disposition du pape. A l’origine, après avoir fait vœu de chasteté et d’obéissance, les Jésuites devaient évangiliser les enfants et les pauvres, mais la qualité reconnues de leurs enseignements en fit des éducateurs réputés auprès des cours européennes. Comme les Templiers en leur temps, ils assurèrent les liens entre la noblesse, la bourgeoisie naissante, les Etats et la papauté. En ce sens, ils favorisèrent l’Eglise à un moment où les monarques désiraient se soustraire à l’autorité de Rome. Certains auteurs avancent que l’idée de la création des Jésuites était née d’un pacte secret entre Paul III et Ignace de Loloya.

 

 

 

                  
                          
Jean-Michel Thibaux: le roi d'Espagne Carlos III.

 

 

 

                        
                 Jean-Michel Thibaux: La reine d'Espagne Elisabeth Farnèse.

 

 

 

En 1700, la position des Jésuites se renforça quand la couronne d’Espagne passa aux Bourbons. Carlos III, le nouveau souverain, avait épousé Elisabeth Farnèse, descendante de la famille de Paul III et ardente protectrice des Jésuites.

 

 

 

L’or des Amériques attire les conquistadors et les Jésuites.

 

 

La ruée des Européens vers les nouvelles terres fut spectaculaire et violente. Il s’agissait de pacifier ces vastes et riches contrées dont on ne connaissait pas les limites, d’éradiquer les religions païennes pratiquées par les indigènes et de soumettre ces derniers à la volonté du Christ. Ces missions furent confiées aux Jésuites appuyées par les forces armées. Les Jésuites appliquèrent donc les directives royales espagnoles en multipliant des « reducciòn » sur les territoires conquis. Une reducciòn était un terme désignant les villages où les colons et les indiens vivaient en commun que l’on disait réduits à la vie civile et chrétienne, mais le terme s’appliqua très vite aux seuls villages indiens. En 1531, le premier village « réduit » fut Aztèque au Mexique, donc avant l’apparition des Jésuites.

 

 

 

        
           
 Jean-Michel Thibaux: exemple de redducions en Amérique du Sud.

 

 

En 1568, les Jésuites mandatés par le pape Paul III et le roi d’Espagne Felipe II arrivèrent au Pérou afin de prendre en charge l’éducation des enfants des familles espagnoles. Ainsi fut établie la « Province Jésuite du Pérou » avec comme premier dirigeant le Père Jeronimo Ruiz Portillo de la Société de Jésus. Dans la foulée, les Jésuites pénétrèrent dans le Rio de la Plata, mais ils durent attendre pendant longtemps l’autorisation officielle du roi d’Espagne qui leur fut finalement accordée par Felipe II (Philippe II) en 1566. Le roi estimait en effet que l’évangélisation devenait une priorité dans les colonies de la couronne. Dans cette course à la conversion, beaucoup de Jésuites périrent tandis que d’autres s’enrichirent.

 

 

                             
                          
  Jean-Michel Thibaux: le roi Philippe II d'Espagne.

 

 

 

Dans les faits, ils furent les derniers à s’aventurer dans les territoires conquis après les Franciscains, les Dominicains, les Mercédaires et les Augustins. Il s’avéra très vite que l’Ordre des Jésuites était plus performant que ceux de ses concurrents directs. Ils évangélisèrent les Indiens en s’attachant à apprendre leurs langues et leurs coutumes tout en respectant leurs droits civiques et politiques. La réduction devait être pacifique. Hélas, les colons espagnols continuèrent à traiter les indigènes comme des serfs et des esclaves.

 

 

            
Jean-Michel-Thibaux: La danse des los macheteros exécutée par les Indiens Moxos de nos jours.

 

 

 

Dans le but d’échapper à l’administration royale espagnole et de s’affranchir, les Jésuites s’installèrent dans les régions les plus reculées où ils créèrent des centres autour de leurs églises en regroupant les Indiens. Ils les protégeaient ainsi des exactions des colons tout en mettant en place une véritable autonomie administrative et financière. Le peuple des Guaranis constituait leur principal réservoir humain au Paraguay, Brésil, Argentine et Uruguay. En Bolivie, ils regroupèrent les Moxos et les irréductibles Chiquitos.

 

 

 

         
Jean-Michel Thibaux: descendants des Chiquitos portant des masques de carnaval. On voit en premier plan un masque représentant un conquistador espagnol. Pour les Indiens, c'est une façon d'exorciser un passé qui les a privés de liberté.

 

 

 

                        
                      
Jean-Michel Thibaux: le vice-roi Don Francisco de Toledo.

 

 

 

En 1576, le vice-roi Don Francisco de Toledo demanda aux Jésuites de remplacer les Dominicains qui avaient été chargés de l’évangélisation des Indiens du village de Juli sur les bords du lac Titicaca. Dans ce « laboratoire », les Jésuites expérimentèrent des méthodes aboutissant à l’évangélisation parfaite et complète. En conclusion, l’absorption des Indiens ne pouvaient être réalisée sans une indépendance économique. Ainsi, ils mirent en place des missions sous la responsabilité de deux Pères (Padres), un responsable spirituel et un responsable matériel. La répartition du travail fut codifiée : trois jours pour l’individu, trois jours pour la collectivité et une journée de repos consacrée à Dieu.

 

 

                      
                     
  Jean-Michel Thibaux: Indiens du village actuel de Juli.

 

 

Mais les Jésuites dépendaient toujours de la couronne qui poursuivait d’autres buts. En 1583, le gouverneur de Santa-Cruz, Don Lorenzo Suarez de Figueroa, ordonna aux Jésuites d’évangéliser et d’éduquer les Indiens de sa province tout en contrant les Portugais qui tentaient de conquérir ce territoire. Le but secret était d’obtenir des précisions sur l’emplacement du « gran Païti » abritant le trésor des Incas. Les Jésuites n’y parvinrent pas, ils se heurtèrent à l’hostilité des tribus qui finirent par repousser les envahisseurs à tel point que le gouverneur décida de déplacer la ville de Santa Cruz vers le rio Guapay.

 

 

                
Jean-Michel Thibaux: les évangilisations de Jésuites se soldaient parfois par la mort.

 

 

                    
                            Jean-Michel Thibaux: rio Guapay ou rio Grande.

   

  

                                   
                     
Jean-Michel Thibaux: le conquistador Nuflo de Chavez.

 

 

Les Jésuites durent attendre jusqu’en 1674 avant de pouvoir convertir une partie des Moxos après avoir obtenu des garanties exceptionnelles de la couronne espagnole, garanties qui leur donneraient des droits de libres entrepreneurs au sens moderne du terme. Ils venaient de réussir avec les indiens Guaranis du Paraguay, d’Argentine et de l’Uruguay, mais les buts demeuraient identiques: s'enrichir et enrichir la couronne.  La course aux trésors provoqua des rivalités entre les Espagnols eux-mêmes tels que les conquistadors Nuflo de Chavez et Andrès Manso.

 

 

                           
                                
 Jean-Michel Thibaux: les Indiens Guaranis.

 

 

 

        
                     Jean-Michel Thibaux: les missions jésuites en Bolivie.

 

 

 

Les Chiquitos irréductibles furent abandonnés par les Jésuites. Dès lors, les esclavagistes espagnols et portugais organisèrent des raids pour piller cette région. Face à ce danger, certaines tribus chiquitos demandèrent en 1690 l’aide des Jésuites qui progressaient en pays Moxos, fondant leur première mission à Nuestro Senora de Loreto en 1682, puis celles de Trinidad en 1686 et San Ignacio de Moxos en 1689. En tout, 19 missions furent établies sur cette partie du territoire Bolivien riche en minerais précieux.

 

 

                                
Jean-Michel Thibaux: les Indiens avaient obligation de consacrer leur dimanche à Dieu dans les églises jésuites.

 

 

 

                                
       Jean-Michel Thibaux: les Jésuites préchant la bonne parole aux indigènes.

 

 

Le 30 décembre 1691, les Jésuites fondèrent la mission San Javier en pays Chiquitos. Un grand pas venait d’être fait. Il allait dans le sens de la politique stratégique des Espagnols qui voulaient consolider leurs possessions sur la frontière du Brésil détenu par les Portugais. Pour assurer leur indépendance, les Jésuites utilisèrent la force. A la tête de leurs troupes d’Indiens appuyées par des unités espagnoles, ils écrasèrent les bandeirantes portugais à San Javier en 1694. A partir de cette victoire, le Brésil des Portugais n’agrandit plus son territoire. En 1743, le roi Philippe V d’Espagne accorda aux Jésuites la tutelle de toutes les possessions comprises entre les rios Pilcomayo et Paraguay. Toutefois, les Jésuites essuyèrent un nouvel échec en ne parvenant pas à évangéliser les tribus nomades du Chaco, abandonnant la mission de de San Ignacio de Zamuco car les conditions de vie dans cette région désolée étaient trop dures.

 

 

                  
               
Jean-Michel Thibaux: San Javier de la Conception de nos jours.

 

 

 

                                    
                           Jean-Michel Thibaux: le roi Philippe V d'Espagne.

 

 

 

          
                              
Jean-Michel Thibaux: le fleuve Paraguay.

 

 

 

Les Jésuites, par leur politique adroite et leurs méthodes novatrices, parvinrent à s’affranchir totalement de l’autorité espagnole. L’ensemble des reducciones formaient un Etat dans l’Etat. Le règlement envers les visiteurs, même envers ceux de haut rang, étaient stricts. Les étrangers à une mission ne pouvaient y séjourner plus de trois jours afin d’éviter les contaminations microbiennes et morales. Ces contaminations avaient tué 79 millions d’Indiens en moins d’un siècle. Il s’agissait de préserver à tout prix la vie des 12 millions de survivants. Les Pères organisèrent l’administration indigène en s’inspirant de l’espagnole. A la tête des village, il y eut des maires ou des caciques s’appuyant sur des assemblées coutumières, les calbidos. Les Jésuites en réalisant « des villes de Dieu » s’éloignaient radicalement des buts de la Couronne et des colons espagnols qui désiraient exploiter à outrance les terres du Nouveau Monde.

 

 

 

L’expulsion des Jésuites.

 

 

 

                
Jean-Michel Thibaux: les Guaranis subissent toujours les exactions des descendants espagnols et portugais.

 


 

La première action contre les Jésuites se solda par le traité de Madrid en 1750. Espagnols et Portugais s’entendirent pour détruire sept missions ou vivaient les Guaranis : les missions de San Borja, San Nicolau, San Luis, San Lorenzo, San Miguel, San Juan et San Angelo Ces Indiens poussés par les Jésuites se rebellèrent et combattirent durant trois ans la coalition hispano-portugaise. Les sept missions finirent par être anéanties, et les Guaranis épargnés se cachèrent dans la jungle. Les Jésuites entamaient leur déclin. Partout en Europe, des voix s’élevaient pour les discréditer en dénonçant les régimes totalitaires qu’ils avaient mis en place. Les philosophes de la Liberté, Voltaire en tête, jouèrent un rôle prépondérant dans cette politique de dénonciation. En 1759, les Jésuites durent quitter le Portugal, puis la France en 1762. Profitant de cette hostilité internationale et trompé par des faux documents, le roi d’Espagne Carlos III signa en 1767 le décret expulsant les Jésuites de tous les territoires de la Couronne. Il avait pourtant appuyé l'action des Jésuites au début de son règne par le biais de son épouse Elisabeth Farnèse très proche du Vatican.

 

 

 

                         
Jean-Michel Thibaux: après avoir été leur protecteur, le roi Carlos III d'Espagne expulsa les Jésuites en 1767.

 

 

La course au trésor.

 

 

Nous rappelons que les Jésuites s’étaient installés dans des régions riches en minerais et que par le biais de leur mission, quelques uns d’entre eux utilisèrent les Indiens à des fins personnelles ou pour renforcer la puissance de leur Ordre.

 

Ce fut le cas des Pères du monastère de Plazuela fondé en 1635 en Bolivie. Construit non loin de la rivière Sacambaya irriguant un territoire très riche en filons d’or et d’argent, le monastère centralisa toutes les richesses à la destination de l’Espagne. Le roi Carlos III manipulé par ses conseillers crut que les Jésuites devenus puissants allaient proclamer l’indépendance des régions qu’ils contrôlaient, ce qui le décida à les expulser. Cependant, un problème majeur était posé : comment empêcher les Jésuites de s’enfuir avec les trésors amassés ?

 

 

                              
Jean-Michel Thibaux: Manuel de Guirior, vice-roi du Pérou et Bolivie en 1778.

 

 

 

Les troupes royales espagnoles bouclèrent toutes les routes de la Cordillère, toutes les pistes et les voies navigables de la jungle pour empêcher les Jésuites de partir avec leurs magots. Ils parvinrent à arrêter et dépouiller la plupart des pères, mais pas ceux du monastère de Plazuela qui avaient anticipé la manœuvre des soldats de la couronne. Le trésor constitué à Plazuela était considérable. Avec l’aide de 500 Indiens, ils creusèrent et aménagèrent une salle souterraine dans les environs de la mission et y cachèrent l’or des mines et les objets précieux de l’église. Puis ils éliminèrent les Indiens qui étaient des témoins gênants. Pour se disculper, les Jésuites affirmèrent que 300 des indigènes avaient été terrassés par la fièvre jaune que les 200 autres étaient morts accidentellement.

 

 

                    
Jean-Michel Thibaux: le monastère de Plazuela était construit près de la rivière Sacambaya. Le relief nous donne une idée des difficultés rencontrées par les chasseurs de trésor.

 

 

 

Quand, en 1778, les autorités espagnoles arrivèrent à Plazuela, ils trouvèrent les lieux abandonnés et aucune trace de trésor. Fous de rage, les officiers de sa Majesté traquèrent les Indiens de la région, les firent torturer mais n’obtinrent aucun renseignement. Le renseignement existait bel et bien. Il avait été consigné sur un parchemin par l’un des Jésuites en fuite, le père Grégorio San Roman. Ce document resta en possession de sa famille jusqu’en 1903-1906. La détentrice de l’époque s’appelait madame San Ramon dont l’ancêtre était le préfet de Callao en 1778, frère du père Grégorio.

 

 

 

Le parchemin du père Grégorio San Roman.

 

 

 « Il y a une colline dur la rive gauche de la rivière Sacambaya en face du monastère de Plazuela. Ses pentes sont raides et couvertes d’une forêt impénétrable. Son sommet plat  couvert de longues herbes est marqué par une énorme pierre en forme d’œuf masquant l’entrée d’une grotte. Cinq cents Indiens ont été nécessaires pour la déplacer jusqu’à cet endroit. Si vous creusez sous cette pierre sur une profondeur de cinq Cordas (une corde espagnole équivaut à 6, 996 mètres), vous parviendrez à l’entrée de la caverne artificielle qui nécessita deux ans et demi de travail forcé aux Indiens. Cette entrée s’enfonce sur une longueur de 24 Cordas et est flanqué deux compartiments.

 

 

                         
Jean-Michel Thibaux: les yeux de la Vierge gardant le trésor des Jésuites sont formés de diamants.

 

 

 

 Sur le côté est de cette entrée, s’ouvre un long passage étroit de 200 Cordas menant à la salle principale isolée par une porte de fer. Après avoir forcé cette porte, vous découvrirez une statue de la Vierge en or pur de trois pieds de haut dans les yeux de laquelle sont enchâssés deux gros diamants.

 

 

                         
    
Jean-Michel Thibaux: demi-réal espagnol du XVII ème siècle en argent.

 

 

 

Quelques pas après la Vierge gardienne, vous atteindrez la première salle contenant 37 monceaux d’or et d’argent, de nombreux objets ornés de pierres précieuses. Dans la seconde salle, sur le coin droit, a été déposé un grand coffre scellé par des barres de fer, il contient 90 000 réales douros (le réal : monnaie coloniale espagnole valant entre 1/8 et 1/10 de peso) et 30 sacs d’or. Au total, 160 monceaux d’or sont répartis dans le tunnel et les deux chambres, soit en estimation 60 millions de réales. Mais prenez garde en entrant dans ces salles piégées par un violent poison. »

 

Les deux poisons les plus connus sont:

 

Le curare est un antagoniste compétitif bloquant les récepteurs nicotiniques au niveau de la membrane post-synaptique de la jonction neuromusculaire. Il s'agit d'un myorelaxant qui provoque la mort par paralysie du système respiratoire et entraîne l'asphyxie. 

 

                 
 
Strycnos toxiféra: donne le curare.         Grenouilles phyllobates bicolores 

  

Le Phyllobates terribilis est  le plus violent des poisons. L’auteur (Jean-Michel Thibaux), lors de son séjour chez les Indiens, l’a utilisé pour la fabrication de fléchettes dans le Darien. Le poison est collecté par torréfaction des grenouilles sur le feu, mais le simple fait de toucher le dos de ses minuscules batraciens peut vous tuer si vous avez une coupure au doigt.

Evidemment, il existe des centaines de poisons extractables dans les jungles. Reste à savoir si celui utilisé dans les salles cachées est toujours virulent après deux siècles et demi.

 

 

Les chercheurs de trésors.

 

 

Etant en possession de ce fameux document, Madame de San Roman prit le parti de se lancer dans la quête du trésor des Jésuites. Elle se mit en rapport avec Cécil Herbert Rodgers, un aventurier anglais qui avait participé à la guerre des Boers en Afrique, puis avait fait fortune en élevant des chevaux au Pérou avant de se lancer dans la récolte du caoutchouc en Bolivie. C’était un géant qui pesait 130 kilos et mit toute son énergie et son argent dans la recherche du trésor des Jésuites.

 

 

                          
 
Jean-Michel Thibaux: le président de la Bolivie, Melgarejo fut le premier à se lancer dans la course au trésor des Jésuites.

 

 

En 1905, Madame de San Roman lui transmit toutes les informations qu’elle détenait et lui conseilla de prendre dans son équipe un vieil indien nommé José Maria Ampuera qui était l’un des descendants de ceux qui avaient cachés le trésor pour le compte des Pères. José Maria fut engagé par Rodgers dans la ville de Cuti d’où partit l’expédition. Le vieil indien raconta à l’aventurier que, 35 ans plus tôt, le Président de la République bolivienne, Melgarejo, avait fait chercher le trésor en vain par Negro Muerto qui s’était trompé en explorant la mauvaise rive du Sacambaya. Le vieil indien finit par dévoiler que la colline creusée par ses ancêtres s’appelait la Caballo Cunco.

 

 

                     
                          
Jean-Michel Thibaux: Indien de la région de Cuti.

 

 

 

Rodgers trouva le rocher en forme d’œuf qui, se révélant impossible à déplacer, fut dynamité. Son équipe se mit à creuser et parvint jusqu’à un toit artificiel composé de briques et d’ardoises. Poursuivant ses fouilles, il nota : …A 12 pieds sous le toit, nous déblayâmes une dalle  de pierre jaune avec des fleurs artistiquement gravées, il n’y avait plus aucun doute dans mon esprit

 

Les fouilles ne furent pas de tout repos car les indigènes avaient peur ; ils croyaient faire offense à Dieu en creusant. Un épisode qui coûta la vie à l’un d’eux contraignit Rodgers à suspendre les travaux pour un temps : la galerie mal étayée s’était effondrée et des vapeurs nocives apparurent. Etait-ce le fameux poison décrit dans le document ? En décembre 1907, Rodgers réalisa qu’il était loin de toucher au but. Il décida de retourner en Angleterre pour acheter du matériel plus performant mais, faute de crédits, fut dans l’incapacité de lancer une seconde expédition. Il revint en Bolivie (1921) et fit équipe avec un chercheur de trésors qui avait pour nom Cornishish et pour surnom Trendennick, puis il demanda à un autre aventurier fortuné, Edgar Sandars de poursuivre les recherches.

 

 

                 
Jean-Michel Thibaux: est-ce que les Jésuites avaient trouvé une partie de l'or des Incas?

 

De 1925 à 1928, Sandars, en possession de tous les éléments de l’histoire, reprit la quête de Rodgers. Il trouva une autre pierre de 618 pieds de long sur 128 pieds de large, aujourd’hui désignée sous le nom de Pierre Carrée. Persuadé que cette pierre constituait le toit de la salle au trésor, Sanders fit creuser et découvrit un tunnel. Un crucifix en argent cloué sur une planche semblait indiquer qu’ils étaient sur la bonne voie. Ce tunnel était obturé par un mur de pierres taillées au centre duquel une niche contenait une boîte en bois. Dès qu’il la prit entre ses mains, la boîte s’émietta et tomba en poussière, dévoilant un morceau de parchemin en latin que Sanders traduisit à ses associés:


« Vous qui venez d’atteindre cet endroit, retirez-vous. Ce lieu est dédié à Dieu Tout-Puissant, et une mort douloureuse dans ce monde et la condamnation éternelle dans l’autre attend celui qui osera entrer. Les richesses qui appartiennent à Dieu notre Maître ne sont pas pour les hommes. Retirez-vous et vous vivrez dans la paix, et la bénédiction du Maître vous rendra la vie douce. Retirez-vous et vous mourrez riche avec les biens de ce monde. Obéissez au commandement de Dieu Tout-Puissant, Maître dans la vie et dans la mort. Au nom de Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen. »

 

 

                                          
                              
Jean-Michel Thibaux: coupe cérémonielle inca.

 

Les Indiens, terrorisés par ce message, refusèrent de continuer. Tous abandonnèrent Sanders au moment de la saison des pluies. Il était impossible de poursuivre les opérations de minage. Opiniâtre, Sanders repartit pour l’Angleterre où il engagea 22 personnes, dont des ingénieurs, et où il acheta des compresseurs, des groupes électrogènes, des pompes et des tracteurs. L’équipe quitta Liverpool le 15 juin 1928. Après avoir percé le mur de pierres, ils découvrirent qu’il n’y avait pas de salle au trésor. Le tunnel était un leurre.

 

 

                     
 
Jean-Michel Thibaux: une partie du trésor des Jésuites provenait des couvents et des églises contrôlés par leur Ordre.

 

 

Reprenant leurs recherches en amont, ils pensaient pouvoir trouver le bon tunnel. Ils étaient motivés par une nouvelle révélation des indigènes habitant la forêt voisine : leurs ancêtres racontaient que trois portes de fer précédaient la salle au trésor. Des mois durant, ils creusèrent, enlevèrent des centaines de tonnes de terre et de rochers. La cache était sous leurs pieds mais ils ne parvinaient pas à l'atteindre . Sanders avait le moral au plus bas, il était brisé. Comprenant qu’il ne mettrait jamais la main sur le trésor des Jésuites, il renonça. Pourtant, un épisode marquant aurait du l’encourager à continuer. Trois Boliviens de son équipe avaient effectué leurs propres fouilles en cachette. Un matin, au campement,deux d’entre eux surprirent leur camarade en possession de deux coupes en or. Ils ne surent jamais où il les avait trouvées car il était devenu complètement fou.

 

 

 

                
Jean-Michel Thibaux: les Indiens de la Bolivie actuelle ont oublié les splendeurs de leur passé.

 

 

Depuis 1791, les chercheurs  s’étaient épuisés à trouver ce trésor devenu légendaire. Comme nous l’avons évoqué plus haut, l’un des plus acharnés fut le dictateur sanguinaire Melgarejo (1864-1871), surnommé « le fléau de Dieu ». Melgarejo se laissa convaincre par un escroc à la belle allure, Saavedra, qui affirmait connaître l’emplacement du trésor. Le dictateur nomma Saavedra à la tête d’une compagnie de soldats et lui avança 8000 pesos d’or. Dès le lendemain de son arrivée à Sacambaya, Saavedra disparut avec les 8000 pesos. Profondément blessé dans son orgueil, Melgarejo, à la tête de mille hommes, se lança dans la recherche du trésor, mais il abandonna car les Indiens refusaient d’indiquer l’emplacement où les Jésuites avaient creusé.

 

 

 

Tiahuacano.

 

 

          
                            Jean-Michel Thibaux: la Porte du Soleil à Tiahucano.

 

 

Un autre trésor est lié à la brillante civilisation de Tiahucano en Bolivie. Celle-ci entama son déclin entre 1100 et 1200 après J-C. A ce jour, les raisons de sa disparition sont inconnues. La théorie la plus admise est une famine provoquée par une sècheresse durant des années. L’empire Tiahucano se morcela en petits royaumes qui se livrèrent la guerre pendant deux siècles jusqu’à l’émergence, en 1431, de l’empire Inca. L’immense trésor de Tiahucano disparut, et les Espagnols pillèrent ce qui restait de la splendeur de ce peuple. Les cités furent démantelées pour construire des églises et des immeubles. La destruction atteignit son apogée quand, en 1890, une société britannique dynamita les temples pour en tirer du gravier nécessaire à la construction du chemin de fer reliant la Bolivie au Pérou. Mais aujourd’hui de vastes zones de cet empire sont encore inexplorées et il est fort probable que de grandes découvertes sont à venir.

 

 

 

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