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Le trésor des rois mérovingiens

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3. Le trésor des rois mérovingiens.

Jean-Michel Thibaux.

 

 

 

 


Le baptême de Clovis à Reims, peinture de Saint-Gilles.

 

 

 

 

 En abordant ce sujet, nous entrons à pas mesurés dans une histoire complexe, pleine de zones d’ombre dans lesquelles il  est difficile de trouver des fils conducteurs menant à d’hypothétiques trésors matériels ou spirituels. Nous pouvons déjà affirmer que Clovis Ier, dans la période des conquêtes précédant l’arrivée des Mérovingiens, ne s’est pas emparé du trésor sacré des Wisigoths ni de celui des Burgondes. On peut cependant imaginer que le fruit de ses énormes pillages lui a assuré la légitimité royale sur ses conquêtes. En laissant s’écouler les siècles, on s’aperçoit que l’Etat mérovingien s’appauvrit au point d’être ruiné à l’époque dite « des rois fainéants ». Ces derniers ne nous ont pas légué de fortune cachée. Alors, on peut se poser la question du legs génétique, de l’incroyable descendance de Jésus marié à Marie-Madeleine puis réfugié en Septimanie, d’un rejeton divin épousant une princesse mérovingienne. Vous comprenez pourquoi dans ce cas, le sujet ne peut être abordé que par des romanciers ou des aventuriers assoiffés d’une reconnaissance post-mortem. Cela pourrait s’adresser à votre auteur : Jean-Michel Thibaux, qui écrit en ce moment même ces lignes, mais il me semble bon de rappeler à tous que mon manuscrit : "Le secret de l’abbé Saunière" (anciens titres : "Les tentations de l’abbé Saunière" et "L'Or du diable") fut en son temps (1985) refusé par tous les éditeurs avant d’être publié aux éditions Olivier Orban, puis miraculeusement (merci saint Asmodée) d’être adapté à la télévision.

 

 

                        
                                    
        Clovis I er.

 

 

 

Histoire des Mérovingiens.

 

 

                            
                                              Childéric I er

 

 

 

Childéric, fils de Mérovée, est le premier roi officiel de la dynastie mérovingienne installée dans l’ancienne province de Belgique Seconde, mais il faut attendre l’avènement du belliqueux Clovis pour que la domination franque s’étende d’Alémanie à l’Aquitaine. Le coup de génie politique qui permet à Clovis de réaliser l’unité de ce nouveau royaume est sa convertion au Christianisme. Son baptême à Reims lui vaut l’appui de l’aristocratie gallo-romaine et de la toute puissante église catholique.


En 507, Paris devient la capitale mérovingienne des Francs qui, au fil du temps, seront appelés Français.

En 511, Clovis meurt. Le royaume partagé entre ses quatre fils, Thierry, Clodomir, Childebert et Clotaire, retrouve un moment son unité sous le règne de Clotaire Ier avant d’être divisé à nouveau par le biais des héritiers. Ce droit de partage familial entre mâles constituera l’un des points faibles de cette dynastie, entraînant des luttes fratricides et des guerres partisanes. Les assassinats se multiplièrent et la pratique de la vengeance, le faide germanique identique à la vendetta corse, fut l’un des facteurs de l’affaiblissement, puis de l’effondrement des royaumes mérovingiens. La plus longue dissension familiale fut celle qui opposa Chilpéric Ier et Frédégonde à Sigebert Ier et Brunehilde.

 

 

 

     
    
  Frédégonde arme les assassins, par Emmanuel Herman Joseph Wallet

 

 

 

De toutes les reines mérovingiennes, Frédégonde fut la plus cruelle. Elle fit assassiner un nombre incalculable de gens et quelques grands du royaume dont Sigebert Ier en 575, tous les enfants qui n’étaient pas de son lit afin d’assurer l’héritage à son propre fils, son époux en 584, puis Childebert II en 596. Le royaume connut une période plus calme quand Clotaire II, le fils de Chilpéric Ier, monta sur le trône et élargit les frontières en prenant l’Austrasie, la Neustrie et la Burgondie. Le règne de son fils Dagobert Ier marqua l’apogée des Mérovingiens.

 

 

 

              
                                                  
   Dagobert I er

 

 

 

          
                                 
   Le royaume mérovingien de Dagobert Ier

 

 

 

Les rois chevelus, ainsi nommés parce que la croyance voulait que la puissance magique du roi tienne à la longueur de ses cheveux, avaient dominé l’occident durant plus de deux siècles. Ainsi, le dernier roi mérovingien, Childéric III, fut tondu avant d’être emprisonné. Il faisait partie des « rois fainéants », qualificatif inventé par Eginhard (biographe de Charlemagne) pour légitimer la prise de pouvoir par les Carolingiens issus de l’aristocratie avec l’aval du pape Zacharie. Après avoir écarté Childéric III, Pépin III le Bref fut couronné roi.

 

 

 

        
                              
Chilpéric III tondu face à Pépin III le Bref

 

 

 

 Pépin prit la tête d’un royaume à bout de souffle, ruiné par les détournements d’impôts et les sommes considérables offertes aux vassaux pour s’assurer de leur neutralité.

 

 

 

                  
                                      
     Pépin III le Bref

 

 

Les fouilles ont démontrée la pauvreté des tombes mérovingiennes découvertes par centaines. Généralement en plâtre, elles contiennent de nombreux bijoux de verre, des armes très détériorées et des offrandes. Ces dernières, assimilées aux cultes païens, seront interdites par l’Eglise sous les Carolingiens.

 

 

Règnes des différents protagonistes entre 481 et 751.

 

Période

Austrasie

Neustrie

Burgondie

481-511

Clovis Ier

Gondebaud

511-516

Thierry Ier

Clotaire Ier

516-524

Sigismond

524-534

Godomar III

534-548

Théodebert Ier

Théodebert Ier

548-555

Théodebald Ier

Childebert Ier

555-558

Clotaire Ier

558-561

Clotaire Ier

561-575

Sigebert Ier

Chilpéric Ier

Gontran Ier

575-584

Childebert II

584-592

Clotaire II

592-596

Childebert II

596-612

Théodebert II

Thierry II

613

Sigebert II

613-622

Clotaire II

Clotaire II

622-629

Dagobert Ier

629-639

Dagobert Ier

639-656

Sigebert III

Clovis II

656-657

Childebert III

657-662

Clotaire III

662-673

Childéric II

673

Thierry III

673-675

Childéric II

675-679

Dagobert II

Thierry III

679-691

Thierry III

691-695

Clovis IV

695-711

Childebert IV

711-715

Dagobert III

715-717

Chilpéric II

Chilpéric II

717-719

Clotaire IV

719-721

Chilpéric II

721-737

Thierry IV

737-741

Charles Martel (Maire du Palais d'Austrasie)

741-743

Pépin le bref (Maire du Palais de Neustrie puis d'Austrasie)

743-751

Childéric III

 

 

 

 

Les racines mérovingiennes.

 

 

Martine Alix Coppier et Jean-Michel Thibaux se rallient à la plupart des historiens. Sur les bases de données existantes, les écrits de Grégoire de Tours et le témoignage de Pricus, on peut affirmer que Mérovée a bien été adopté par Aétius et reçut par cet acte la ville de Tournai et le Brabant en Gaule Belgique. Ainsi, ce parent de Clodion le Chevelu a pu se battre aux côtés d’Aétius lors de la formidable bataille livrée à Attila en 451 aux champs Catalaunique, bataille qui se solda par la victoire des Gallo-Romains, des Francs et des Germains sur les Huns. Mais le règne de Mérovée demeure un mystère. L’histoire nous pousse à le considérer comme un souverain de légende.

 

 

                             

                         Les Huns aux Champs Catalauniques, par de Neuville

 

 

 

Grégoire de Tours : « On rapporte également que Clodion, qui était alors un homme capable et très noble dans sa nation, a été roi des Francs ; il habitait dans la forteresse de Dispargum, qui est dans le territoire des Thuringiens. Dans ces contrées, mais au midi, les Romains habitaient jusqu'au fleuve de la Loire. Au-delà de la Loire, les Goths dominaient. Les Burgondes qui suivaient aussi la secte d'Arius habitaient de l'autre côté du Rhône qui coule près de la cité de Lyon. Quant à Clodion, il envoya des éclaireurs dans la ville de Cambrai, et quand tout fut exploré, lui-même lui suivit ; il écrasa les Romains et s'empara de la cité où il ne résida que peu de temps, puis il occupa le pays jusqu'au fleuve de la Somme. Certains prétendent que de sa lignée est sorti le roi Mérovée, de qui Childéric fut le fils. »

 

 

 

                      
                                                  
 L'invasion des Huns

 

 

Aussi, devons-nous focaliser notre attention sur le véritable fondateur de la dynastie mérovingienne : Childéric Ier.

 

 

 

                 
                                                  Buste de Childéric Ier

 

 

Childéric Ier : Il naquit en 440 à Westphalie et mourut le 26 décembre 481 à Tournai. On disait de lui qu’il était le plus bel homme de l’Occident et le plus grand coureur de femmes de la nation franque. Ces frasques amoureuses lui valurent d’être chassé du trône par la ligue des maris trompés. Obligé de fuir en Germanie, il fut recueilli par son ami le roi de Thuringe dont il séduisit la femme Basine. Cet outrage ne lui coûta pas sa tête ni son honneur. Au contraire. Par un caprice du destin ou l’un de ces retournements dont l’Histoire a le secret, il fut rappelé par les Francs à Tournai où il reprit son trône. Basine l’ayant suivi, il l’épousa au grand scandale des Seigneurs qui réclamèrent en vain le respect des droits sacrés du mariage et des lois inviolables de l’amitié. Childéric ne renia pas  Basine malgré les violentes oppositions, et de cette union sacrilège naquit Clovis Ier, Audoflède (future épouse de Théodoric, roi des Wisigoths) et deux autres filles, Lanthilde et Alboflède.

 

 

 

                    
                                            
Royaume de Childéric Ier

 

 

 

Cependant, Childéric était un preux et un ambitieux. Ainsi le vit-on allié aux Gallo-Romains à la bataille d’Orléans en 463 où les Wisigoths furent écrasés, puis vaincre les Saxons à la bataille d’Angers en 469, s’emparant de la ville et des îles de Basse-Loire. La Vita Sanctae Genovefae nous apprend qu’il menaça Paris. Son dernier exploit fut de soumettre les Alamans qui avaient envahi l’Italie du Nord et tentaient de renverser Odoacre. Il est clair que ce roi  donnera l’élan nécessaire à la conquête de la Gaule par les Francs que réalisera Clovis Ier.

 

 

 

Une parcelle de Trésor.

 

 

 

     
   
Eglise Saint-Brice à Tournai dans laquelle fut trouvée la tombe de Childéric Ier

 

 

 

 27 mai 1653,  onze heures du matin à Tournai. Dans l’église Saint-Brice (patron de la Gaule mérovingienne), le maçon Quinquin travaillait à la réfection du presbytère qui menaçait ruine, lorsque après un coup de pioche  il mit à jour une cavité. Quinquin venait de découvrir le tombeau de Childéric Ier.

 Le roi défunt avait ses armes d’apparat, un bracelet torse, de nombreux bijoux en or et d’émail cloisonné avec des grenats, une tête de taureau en or et son anneau portant l’inscription CHILDERICI REGIS.  Trois cents abeilles d’or (dont Napoléon Ier fit ses symboles) et cent monnaies en or frappées à Constantinople sous les règnes de Théodose à Zénon(476-491).

 Cette trouvaille provoqua une émeute qui tourna au pillage. Le trésor (80 kilos d'or) fut sauvé dans sa presque totalité par le chapelain de la paroisse. Il fut ensuite confié aux Habsbourg, puis offert à Louis XIV qui le fit entreposer dans la bibliothèque royale où il fut volé dans la nuit du 5 au 6 novembre 1831. On ne retrouva que quelques monnaies et deux abeilles dans la Seine. 

 

 

 

            
                                     
Les abeilles d'or de Childéric Ier

 

 

 

A Dagobert II et à Sion est ce trésor et il est la mort.

Il épousa Mathilde (princesse celte irlandaise) à York en 666, puis Gisèle du Razès(princesse wisigothe en 671) après la mort de Mathilde en 670. De ces deux unions naquirent six enfants légitimes. Aucun document authentique ne nous permet de confirmer ces  mariages voulus par saint Wilfrid, évêque d’York. L’histoire officielle ne lui prête pas d'héritier. On raconte cependant que Dagobert se réfugia en Septimanie à Rennes-le-Château où eut lieu le second mariage en présence du comte Béra II du Razès. Faut-il y voir la main manipulatrice de Gérard de Sède qui en son temps produisit de mystérieux documents sans communiquer ses sources ?

 

 

                                    
                                                   
Solidus de Dagobert

 


Nous entrons donc de plain-pied dans la légende exploitée par une multitude d’auteurs et de chercheurs, à savoir que le fils de Dagobert II et de Gisèle, Sigisbert IV, (le rejeton ardent né en 676) serait un descendant du Christ. Question : qui, de Dagobert ou de Gisèle, véhicule les gènes de Dieu ? Si nous nous en tenons à la logique, nous pourrions être tentés de croire que la princesse du Razès est le réceptacle de cette essence divine, à condition de trouver un fil conducteur entre les réfugiés juifs arrivant des Saintes-Marie avec Jésus à leur tête, ou ses enfants, ses derniers essaimant à leur tour jusqu’à ce que leur sang se mêle à  celui d’une puissante famille wisigothe.

 

 

                                         
                                                
Portrait de Dagobert II

 

                                            

 Pour ma part, après avoir fait analyser les documents de référence par les services spécialisés de l’armée en 1983 (surtout le parchemin du XIIème siècle prouvant l’existence d’une descendance du Christ), je peux vous affirmer qu’il s’agit de faux.

 

 

 

              
                                       Crâne de Dagobert II dans son reliquaire.
                           On remarquera l'entaille par laquelle s'échappait l'âme.
   

 

  

                               

Quant à Dagobert II, roi d’Austrasie, on ne peut douter de sa naissance. Il est le fils du roi Sigebert III et de Chimnechilde. Il dut sa survie à son jeune âge, il avait quatre ans quand le maire du palais Grimoald fit assassiner son père. Grimoald le priva de la succession au trône en le faisant tonsurer puis enfermer dans un cloître en Irlande. En 674, Dagobert revint pour revendiquer son trône mais n’obtint que les régions frontalières du Rhin après l’assassinat de son cousin Childeric II en 675. Dans sa volonté de régner, il supprima les pouvoirs du maire du palais, Pépin de Herstal, et établit sa capitale à Stenay. Herstal ou Ébrouin fomenta  alors le complot qui aboutira à son assassinat dans la forêt de Woëvre.

 

 

 

                       
                                  
Fontaine Arphays où fut assassiné Dagobert II

 

 

 

 Au cours d’une partie de chasse, il se retrouva isolé. Le sicaire, un serviteur de sa suite, le tua d’un coup de lance dans l’œil et on le cloua à un arbre. Plus étrange est sa canonisation en 872 après la découverte de son corps dans la basilique de Saint-Rémi. Rien dans la vie de ce prince ne justifiait une telle élévation, si ce n’est qu’avant le XIIè siècle (siècle au cours duquel furent mises en place les commissions d’examen par la papauté), tout défunt exhumé sous un autel ou dans un lieu consacré pouvait être déclaré saint par la Vox populi.

 

 

 

             
                                  
Dagobert II, vitrail de l'église de Mouzay

 

 

 

Le Vatican nous cacherait-il quelque chose ?

 

 

 

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